FAQ sur le cancer de la prostate
Cette section répond aux questions les plus fréquemment posées par les patients souffrant d’un cancer de la prostate. Des questions pertinentes à poser à votre médecin après un diagnostic de cancer de la prostate ainsi que des liens utiles sont également fournis. Cliquez sur la question ci-dessous pour accéder à la réponse correspondante.
- Quel est le rôle de la prostate?
- Qu’est-ce que le cancer de la prostate?
- Quels sont les principaux facteurs de risque?
- Quels sont les principaux symptômes?
- Est-il possible de prévenir le cancer de la prostate?
- Quelles sont les méthodes diagnostiques du cancer de la prostate?
- Quel est le taux de survie?
- Quelles sont les options de traitement?
Quel est le rôle de la prostate?
La prostate est une glande, habituellement de la taille d’une noix, présente seulement chez l’homme et située sous la vessie et devant le rectum. Entourant l’urètre, le conduit qui évacue l’urine de la vessie, la prostate fait partie du système reproducteur de l’homme et joue un rôle dans la production du liquide séminal. Avec l’âge, la prostate tend à augmenter en volume, ce qui crée une pression sur l’urètre et peut ralentir, voire empêcher l’écoulement de l’urine de la vessie jusqu’au pénis.
Qu’est-ce que le cancer de la prostate?
Le cancer peut se développer dans la prostate, provoquant divers changements des cellules qui commencent à se multiplier de manière irrégulière.
Selon le American Cancer Society (ACS), le cancer de la prostate est la forme de cancer la plus fréquente chez l’homme. Près d’un homme sur six en sera atteint au cours de sa vie, mais rarement avant l’âge de 50 ans. On estimait à 242 000 le nombre de nouveaux cas en 2010 aux États-Unis et au Canada. Le cancer de la prostate représente, chez l’homme, 33 % de tous les cas de cancer et 10 % des décès par cancer. Avec près de 36 000 décès estimés pour 2010, il constitue également la deuxième cause de mortalité par cancer chez l’homme. Le National Cancer Institute estime que plus de 90 % des patients diagnostiqués avec un cancer de la prostate sont âgés de 55 ans et plus. Statistiquement, 90 % des cancers de la prostate sont diagnostiqués à un stade local ou régional. Le cancer de la prostate peut être traité de façon très efficace lorsqu’il est limité à l’intérieur de la prostate.
La plupart des cancers de la prostate ont une progression très lente et peuvent évoluer longtemps sans que le patient ne ressente de symptômes. Chez certains hommes, il est cependant possible que la tumeur croisse rapidement et se propage au-delà de l'organe (vers les os par exemple), causant ainsi des douleurs osseuses, la paralysie ou la mort.
Même s’il existe différents types de cellules dans la prostate, presque tous les cancers de la prostate prennent leur source dans les cellules glandulaires. Bien que douloureux, la plupart des cancers de la prostate ne causeront pas la mort. La plupart des patients atteints mourront d’autres causes, avant même que les symptômes du cancer de la prostate se soient totalement développés. Toutefois, le cancer de la prostate peut quelques fois se développer et se propager rapidement et même les plus récentes méthodes de détection ne peuvent prédire avec précision si le cancer de la prostate progressera rapidement ou lentement.
Quels sont les principaux facteurs de risque?
L’incidence du cancer de la prostate croît de façon exponentielle avec l’âge, ce qui en fait le principal facteur de risque de la maladie. Les antécédents familiaux jouent également un rôle, au même titre que la race et la nationalité. Incidemment, le cancer de la prostate est plus fréquent chez les Afro-américains que chez les caucasiens, et est moins fréquent chez les Asiatiques. Le cancer de la prostate semble survenir dans certaines familles, suggérant un facteur héréditaire ou génétique; par exemple, un homme dont le père ou le frère auraient été diagnostiqués pour un cancer de la prostate présentera un risque de deux à trois fois plus élevé de développer la maladie que la moyenne des hommes. Toutefois, il n’est pas prouvé si cette situation est causée par des facteurs génétiques ou environnementaux. On pense aussi que le régime alimentaire des Nord-américains, qui est élevé en matières grasses et en protéines animales et faible en fibres, pourrait avoir des répercussions sur le développement du cancer de la prostate.
Plusieurs de ces facteurs de risque peuvent être éliminés; d’autres, toutefois, comme les antécédents familiaux, sont inhérents et par conséquent inévitables. Il est possible de se protéger en éliminant certains facteurs de risque, lorsque cela est possible.
Quels sont les principaux symptômes?
À un stade peu avancé, le cancer de la prostate ne présente aucun symptôme. Avec la propagation des tissus cancéreux, certains symptômes font leur apparition, les plus fréquents étant les problèmes urinaires (débit urinaire faible ou interrompu, mictions fréquentes ou douloureuses, incontinence, difficultés à uriner ou écoulement de sang dans l’urine) suivis de fatigue, perte de poids et douleurs osseuses. Les autres symptômes incluent les problèmes érectiles, la présence de sang dans l’urine ou le sperme et de fréquentes douleurs dans le bas du dos, les hanches ou le haut des cuisses.
Dans la majorité des cas, ces symptômes ne sont pas reliés au cancer. Ils peuvent découler d’une infection, comme l’hyperplasie bénigne de la prostate (HBP) ou d’autres problèmes de santé. L’avis d’un professionnel est recommandé de façon à ce que les problèmes soient correctement diagnostiqués et soignés le plus rapidement possible.
Est-il possible de prévenir le cancer de la prostate?
Comme il est mentionné sur le site de la Fondation canadienne de recherche sur le cancer de la prostate, il n’existe aucun moyen définitif éprouvé de prévenir la maladie. Toutefois, selon les informations récentes dont nous disposons, il serait possible de diminuer les risques de cancer en améliorant certaines habitudes de vie.
Par exemple, un régime alimentaire faible en matières grasses constitue une bonne base. Des repas composés de fruits et légumes, de pain et produits céréaliers sont recommandés. Un nombre grandissant de preuves tendent à démontrer que certains oligoéléments pourraient diminuer le risque de développer un cancer de la prostate. Parmi ceux-ci, on trouve le lycopène, le sélénium, la vitamine D et les phytoestrogènes.
Quelles sont les méthodes diagnostiques du cancer de la prostate?
Dépistage
À l’heure actuelle, la méthode de dépistage pour ce type de cancer s’effectue en mesurant le niveau de PSA (antigène spécifique de la prostate) dans le sang de pair avec un toucher rectal. D’après le American Cancer Society, tous les hommes de plus de 40 ans devraient subir un toucher rectal de routine dans le cadre de leur examen médical annuel, alors que les hommes de plus de 50 ans devraient subir annuellement un test sanguin PSA.
Le PSA, qui est produit par la prostate, fait partie du liquide séminal. Chez tout homme normal, de petites quantités sont déversées dans le sang. Toutefois, différents états peuvent provoquer une augmentation du niveau de PSA dans le sang, par exemple une inflammation de la prostate, la rétention urinaire, une infection de la prostate, l’hyperplasie bénigne de la prostate (HBP), le cancer et même une manipulation prostatique. Le test PSA peut être utilisé pour le dépistage du cancer de la prostate ou comme test de suivi pour la récidive du cancer. Les résultats du test PSA, combinés à ceux du toucher rectal, permettent de déterminer si des examens médicaux complémentaires, par exemple une biopsie, sont requis.
Votre médecin peut recommander un dépistage du cancer de la prostate avant l’apparition de symptômes afin de détecter et éventuellement traiter un cancer précoce.
Diagnostic
Si vous présentez des symptômes ou si les résultats de votre test PSA et de votre toucher rectal laissent suspecter que vous pourriez être atteint d’un cancer, votre médecin devra alors déterminer si ces symptômes sont dus à un cancer ou à un autre état et il pourrait alors exiger qu’une biopsie soit pratiquée.
La biopsie est un examen invasif qui consiste à prélever des cellules ou tissus pour analyse microscopique. Elle est réalisée en introduisant dans le rectum une sonde échographique pour biopsies par aspiration à l’aiguille (en moyenne 6 à 24) dans différentes zones de la prostate. Des biopsies pratiquées à la suite d’un taux élevé de PSA se traduiront par un résultat positif dans un cas sur quatre. Pour les trois quarts des cas, les PSA « faux positifs » peuvent être la conséquence de plusieurs facteurs. En premier lieu, d’autres états, tels que l’hyperplasie bénigne de la prostate (HBP) ou la prostatite, peuvent provoquer des taux élevés de PSA dans le sang. En deuxième lieu, il pourrait y avoir présence d’un cancer dans la prostate du patient, mais celui-ci aura été manqué lors de la biopsie.
Si aucune trace de cancer n’est trouvée, votre médecin pourra alors prescrire un traitement afin de réduire les symptômes causés par l’inflammation de la prostate. Toutefois, si la biopsie a permis de détecter un cancer, des tests supplémentaires pourraient être pratiqués afin de vérifier si le cancer s’est propagé et, le cas échéant, connaître l’étendue de cette propagation. Cette pratique, appelée stadification, s’avère d’une grande importance puisque votre traitement et vos perspectives de guérison dépendent du stade de votre cancer.
Les stades du cancer de la prostate
Le National Cancer Institute (États-Unis) a établi le tableau suivant des stades de cancer de la prostate :
- Stade I : Le cancer n’est pas détectable par toucher rectal. Il sera découvert par hasard au moment d’une opération pratiquée pour une autre raison, habituellement une HBP. Le cancer est confiné à l’intérieur de la prostate.
- Stade II : Le cancer est plus avancé, mais ne s’est pas encore propagé à l’extérieur de la prostate.
- Stade III : Le cancer s’est propagé à l’extérieur de la prostate. Il peut se situer dans les vésicules séminales. Il ne s’est pas propagé aux ganglions lymphatiques.
- Stade IV : Le cancer peut avoir atteint les muscles et organes avoisinants (au-delà des vésicules séminales). Il peut s’être propagé aux ganglions lymphatiques, de même qu’à d’autres parties du corps.
- Récidive de cancer : Cancer qui est réapparu (récidive) après une période au cours de laquelle il n’avait pas été détecté. Il peut réapparaître dans ou près de la prostate, ou réapparaître dans n’importe quelle partie du corps, les os par exemple.
Une autre méthode d’évaluation du degré d’un cancer de la prostate est le système de score de Gleason. Le pathologiste établit, pour chaque zone atteinte, un grade allant de 1 à 5. Les deux grades les plus fréquents sont ensuite combinés pour déterminer le score de Gleason du patient. Le pathologiste peut également additionner le grade le plus bas et le plus élevé (présentant la plus grande anomalie) pour obtenir le score. Le score de Gleason s’échelonne de 2 à 10.
Selon les résultats de votre toucher rectal, de votre test PSA et de votre score de Gleason, d’autres tests pourraient être pratiqués afin de déterminer le stade du cancer. Un examen physique complet (incluant un toucher rectal) constitue une partie importante du processus de stadification. Le médecin examinera d’autres parties de votre corps pour voir si le cancer s’est propagé. Il pourra également pratiquer une scintigraphie osseuse et pourra s’informer de vos symptômes, par exemple des douleurs osseuses, afin de vérifier si le cancer s’est propagé aux os.
Quel est le taux de survie?
Selon le American Cancer Society (ACS), le taux de survie relatif sur une période de cinq ans correspond au pourcentage de patients qui ne mourront pas du cancer de la prostate dans les cinq ans suivant le diagnostic de cancer. Bien entendu, les patients peuvent vivre plus de cinq ans après le diagnostic. Le taux de survie est établi à partir du nombre d’hommes avec un diagnostic de cancer de la prostate et qui ont été traités il y a plus de cinq ans. Les perspectives pour les hommes atteints aujourd’hui pourraient par conséquent s’avérer plus favorables.
Selon l’ACS, globalement, 99 % des hommes ayant reçu un diagnostic de cancer de la prostate vivront au moins cinq ans. 93 % pourront vivre au moins 10 ans alors que 79 % ont une espérance de vie d’au moins 15 ans.
90 % de tous les cancers de la prostate sont diagnostiqués alors qu’ils se situent à l’intérieur de la prostate ou se sont propagés à des régions rapprochées. Le taux de survie sur une période de cinq ans pour ces hommes est de 100 %.
Quelles sont les traitements possibles?
Traitement habituel
Le type de traitement du cancer de la prostate dépend du stade et du grade de la maladie, de l’espérance de vie et de l’état de santé du patient ainsi que de sa préférence personnelle pour un type ou un autre de traitement. Dans certains cas de tumeurs de bas grade, une surveillance étroite peut être proposée. Pour les grades plus élevés, la chirurgie ou la radiothérapie sont les deux principales options thérapeutiques. Les techniques chirurgicales pour enlever la prostate se sont raffinées et permettent de limiter les effets secondaires que sont l’incontinence et l’impuissance. Lorsque le cancer est confiné à l’intérieur de la prostate, les risques de récidive sont très rares après cette intervention. La radiothérapie quant à elle peut être effectuée par faisceau externe ou par la pose d’implants radioactifs dans la prostate. L’hormonothérapie et la chimiothérapie peuvent être utilisées lorsque le cancer s’est répandu en dehors de la prostate ou lorsqu’il y a récidive après le traitement initial.
Le test PCA3
PCA3 est un biomarqueur que l’on croit être plus spécifique au cancer de la prostate que tous les tests diagnostiques actuels. Ce test moléculaire hautement spécifique pourrait combler un important besoin médical pour les hommes ayant un niveau élevé de PSA mais une biopsie négative, situation appelée le « dilemme PSA ». Le test est pratiqué à partir d’un échantillon urinaire recueilli après toucher rectal. Des recherches cliniques menées par la Urological Sciences Research Foundation, le MD Anderson Cancer Center, l’Université Johns Hopkins, l’Université de Washington, l’Université de Nijmegen et plusieurs autres institutions ont démontré que la détection de l’expression du PCA3 pourrait aider à déterminer si les patients confrontés à ce dilemme ont effectivement le cancer.
Pour de plus amples renseignements sur le test PCA3, visitez notre section Le test PCA3 ou renseignez-vous auprès de votre médecin.
Questions à poser à votre médecin…
- Quel est mon niveau de PSA?
- Quels tests complémentaires pourrais-je subir pour confirmer la présence et l’étendue du cancer?
- Quel est mon score de Gleason / le stade et le degré d’agressivité de mon cancer?
- Quels tests complémentaires me recommandez-vous?
- Quelles sont les perspectives de guérison pour ce type de cancer?
- Quelles sont les chances que le cancer se propage au-delà de la prostate?
- Quel est mon taux de survie?
- Est-ce que le cancer entraînera d’autres problèmes de type urinaire ou rectal?
- Qu’est-ce que je peux faire pour améliorer mes chances de guérison?
- Dois-je suivre un régime alimentaire particulier afin d’optimiser ma thérapie?
- Quelles sont les options de suivi après le traitement?

